S. m. (Physique) instrument qui a été imaginé pour montrer ou pour mesurer les altérations qui surviennent de la rareté ou de la densité de l'air, voyez AIR.

Ce mot est formé des mots grecs , rare et , mesure, &c.

Le manomètre diffère du baromètre en ce que ce dernier ne mesure que le poids de l'atmosphère ou de la colonne d'air qui est au-dessus, au lieu que le premier mesure en même temps la densité de l'air dans lequel il se trouve ; densité qui ne dépend pas seulement du poids de l'atmosphère, mais encore de l'action du chaud et du froid, etc. Quoi qu'il en sait, plusieurs autres confondent assez généralement le manomètre avec le baromètre, et M. Boyle lui-même nous a donné un vrai manomètre sous le nom de baromètre statique.

Cet instrument consiste en une boule de verre E, fig. 12. pneum. très-peu épaisse et d'un grand volume qui est en équilibre avec un très-petit poids, par le moyen d'une balance ; il faut avoir soin que la balance soit fort sensible, afin que le moindre changement dans le poids E la fasse trébucher ; et pour juger de ce trébuchement, on adapte à la balance une portion de cercle ADC. Il est évident que quand l'air deviendra moins dense et moins pesant, le poids de la boule E augmentera, et au contraire : de sorte que cette boule l'emportera sur le poids ou le poids sur elle. Voyez BAROMETRE.

Dans les mémoires de l'académie de 1705, on trouve un mémoire de M. Varignon, dans lequel ce géomètre donne la description d'un manomètre de son invention, et un calcul algébrique par le moyen duquel on peut connaitre les propriétés de cet instrument. (O)