ou KIBLAH, s. m. (Histoire orientale) ce terme désigne chez les peuples orientaux le point du ciel vers lequel ils dirigent leur culte ; les Juifs tournent leur visage vers le temple de Jérusalem ; les Sabéens, vers le méridien ; et les Gaures successeurs des Mages, vers le soleil levant.

Cette remarque n'est pas simplement historique ; elle nous donne l'intelligence d'un passage curieux d'Ezéchiel, chap. viij. v. 16. Ce prophête ayant été transporté en vision à Jérusalem, " y vit vingt-cinq hommes entre le porche et l'autel, qui ayant le dos tourné contre le temple de Dieu, et le visage tourné vers l'Orient, se prosternaient devant le soleil ". Ce passage signifie que ces vingt-cinq hommes avaient renoncé au culte du vrai Dieu ; et qu'ils avaient embrassé celui des Mages. En effet, comme le Saint des Saints reposait dans le Shekinate, où le symbole de la présence divine était au bout occidental du temple de Jérusalem ; tous ceux qui y entraient pour adorer Dieu, avaient le visage tourné vers cet endroit, c'était là leur kébla, le point vers lequel ils portaient leur culte, tandis que les Mages dirigeaient leurs adorations en tournant le visage vers l'Orient ; donc ces vingt-cinq hommes ayant changé de kébla, prouvèrent à Ezéchiel, non-seulement qu'ils avaient changé de religion, mais de plus qu'ils avaient embrassé celle des Mages.

Les Mahométants ont leur kiblah, kiblé, kéblé, kébleh : comme on voudra l'écrire, vers la maison sacrée, c'est-à-dire qu'ils se tournent dans leurs prières vers le temple de la Meque, qui est au midi à l'égard de la Turquie ; c'est pourquoi dans toutes les mosquées, il y a une niche qu'ils regardent dans leur dévotion. Voyez MEQUE, (temple de la) Histoire orient.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)