S. f. se dit en Astronomie de deux points de l'orbite des planètes, où ces corps se trouvent, soit à la plus grande, soit à la plus petite distance possible ou de la terre ou du soleil. Voyez ORBITE, PLANETE, DISTANCE, GNEIGNE.

A la plus grande distance l'apside s'appelle la grande abside, summa apsis ; à la plus petite distance l'apside s'appelle la petite abside, infima ou ima apsis.

Les deux apsides ensemble s'appellent auges. Voyez AUGES.

La grande apside se nomme plus communément l'aphélie ou l'apogée ; et la petite apside, le périhélie ou le périgée. Voyez APOGEE et PERIGEE.

La droite qui passe par le centre de l'orbite de la planète, et qui joint ces deux points, s'appelle la ligne des apsides de la planète. Dans l'Astronomie nouvelle la ligne des apsides est le grand axe d'un orbite elliptique ; telle est la ligne A P, Planche d'Astronomie, fig. 1. tirée de l'aphélie A, au périhélie P. Voyez ORBITE et PLANETE.

On estime l'excentricité sur la ligne des apsides ; car c'est la distance du centre C de l'orbite de la planète au foyer S de l'orbite. Voyez FOYER et ELLIPSE. Cette excentricité est différente dans chacune des orbites des planètes. Voyez EXCENTRICITE.

Quelques philosophes mécaniciens considèrent le mouvement d'une planète d'une apside à l'autre ; par exemple, le mouvement de la Lune du périgée à l'apogée, et de l'apogée au périgée, comme des oscillations d'un pendule ; et ils appliquent à ce mouvement les lois de l'oscillation d'un pendule : d'où ils infèrent que l'équilibre venant un jour à se rétablir, ces oscillations des corps célestes cesseront. Voyez Horreb. Clar. Astron. c. xx. Voyez OSCILLATION et PENDULE.

D'autres croient apercevoir dans ce mouvement quelque chose qui n'est point mécanique, et ils demandent : pourquoi l'équilibre s'est-il rompu et les oscillations de ces corps ont-elles commencé ? pourquoi l'équilibre ne renait-il pas ? quelle est la cause qui continue de le rompre ? Voyez Mém. de Trév. Avril 1730, pag. 709 et suivantes. Ils regardent toutes ces questions comme insolubles ; ce qui prouve que la philosophie newtonienne leur est inconnue. Voyez Newt. princip. mathem. lib. I. sect. 9. Herman. Phoron. lib. I. c. jv. Voyez encore GRAVITATION, PLANETE, ORBITE, DISTANCE, PERIODE, LUNE, etc.

Parmi les auteurs qui ont comparé ces oscillations à celle d'un pendule, un des plus célèbres est M. Jean Bernoulli, professeur de Mathématique à Bâle, dans une pièce intitulée, Nouvelles pensées sur le système de Descartes, avec la manière d'en déduire les orbites et les aphélies des planètes ; pièce qui remporta en 1730 le prix proposé par l'académie royale des Sciences de Paris. Il tâche d'y expliquer comment il peut arriver que dans le système des tourbillons une planète ne soit pas toujours à la même distance du Soleil, mais qu'elle s'en approche et s'en éloigne alternativement. Mais en Physique il ne suffit pas de donner une explication plausible d'un phénomene particulier, il faut encore que l'hypothèse d'où l'on part pour expliquer ce phénomene, puisse s'accorder avec tous les autres qui l'accompagnent, ou qui en dépendent. Or si on examine l'explication donnée par M. Bernoulli, nous croyons qu'il serait difficile de faire voir comment dans cette explication la planète pourrait décrire une ellipse autour du Soleil, de manière que cet astre en occupât le foyer, et que les aires décrites autour de cet astre fussent proportionnelles aux temps, ainsi que les observations l'apprennent. Voyez sur ce sujet un mém. de M. Bouguer, mém. acad. 1731, sur le mouvement curviligne des corps dans des milieux qui se meuvent.

Si la ligne de la plus grande distance d'une planète, et celle de la plus petite distance, ne sont pas situées précisément en ligne droite, mais qu'elles fassent un angle plus grand ou plus petit que 180 degrés, la différence de cet angle à 180 degrés est appelée le mouvement de la ligne des apsides, ou le mouvement des apsides ; et si l'angle est plus petit que 180 degrés, on dit que le mouvement des apsides est contre l'ordre des signes : au contraire si l'angle est plus grand, on dit que le mouvement des apsides est suivant l'ordre des signes.

A l'égard de la méthode pour déterminer la position des apsides mêmes, on s'est servi pour y parvenir de différents moyens. Les anciens qui croyaient que les planètes décrivaient des cercles parfaits dont le Soleil n'occupait pas le centre, ont employé pour déterminer les apsides, une méthode expliquée par Keill dans ses Institutions astronomiques. Depuis, comme on s'est aperçu que les planètes décrivaient des ellipses dont le Soleil occupait le foyer, on a été obligé de chercher d'autres moyens pour déterminer le lieu des apsides dans les orbites. M. Halley a donné pour cela une méthode qui ne suppose de connu que le temps de la révolution de la planète. Sethus Wardus en a aussi donné une, qui suppose qu'on ait trois observations différentes d'une planète en trois endroits quelconques de son orbite ; mais la méthode qu'il donne pour cela, est fondée sur une hypothèse qui n'est pas exactement vraie, et le célèbre M. Euler en a donné une beaucoup plus exacte dans le tome VII. des mém. de l'acad. de Petersbourg. On peut voir ces différentes méthodes, excepté la dernière, dans l'Astronomie de Keill, ou plutôt dans les Institutions astronomiques de M. le Monnier.

M. Newton a donné dans son livre des Principes, une très-belle méthode pour déterminer le mouvement des apsides, en supposant que l'orbite décrite par la planète soit peu différente d'un cercle, comme le sont presque toutes les orbites planétaires. Ce grand philosophe a fait voir que si le Soleil était immobile, et que toutes les planètes pesassent vers lui en raison inverse du carré de leurs distances, le mouvement des apsides serait nul, c'est-à-dire que la ligne de la plus grande distance et la ligne de la plus petite distance, seraient éloignées de 180 degrés l'une de l'autre, et ne formeraient qu'une seule ligne droite. Ce qui fait donc que les deux points des apsides ne sont pas toujours exactement en ligne droite avec le Soleil, c'est que par la tendance mutuelle des planètes les unes vers les autres, leur gravitation vers le Soleil n'est pas précisément en raison inverse du carré de la distance. M. Newton donne une méthode très-élégante pour déterminer le mouvement des apsides, en supposant qu'on connaisse la force qui est ajoutée à la gravitation de la planète vers le Soleil, et que cette force ajoutée ait toujours sa direction vers le Soleil.

Cependant quelque belle que soit cette méthode, il faut avouer qu'elle a besoin d'être perfectionnée ; parce que dans toutes les planètes, tant premières que secondaires, la force ajoutée à la gravitation vers le foyer de l'orbite, n'a presque jamais sa direction vers ce foyer : aussi M. Newton ne s'en est-il point servi, du moins d'une manière bien nette, pour déterminer le mouvement des apsides de l'orbite lunaire ; la théorie exacte de ce mouvement est très-difficile. Voyez APOGEE et LUNE. (O)