S. f. en Mathématique, est la réponse à une question, ou la résolution de quelque problême proposé. Voyez RESOLUTION, PROBLEME, etc.

SOLUTION, s. f. en Physique, est la réduction d'un corps solide et ferme à un état fluide, par le moyen de quelque menstrue. Voyez MENSTRUE.

On confond quelquefois la solution avec ce que nous appelons autrement dissolution, cependant ce n'est pas la même chose, du-moins à tous égards. Voyez DISSOLUTION.

Solution de continuité se dit de l'état d'un corps dont les parties ne sont plus continues, et sont séparées les unes des autres ; par exemple, si on fait un trou au milieu d'une table, on dit alors qu'il y a solution de continuité dans les parties de cette table. (O)

SOLUTION DE CONTINUITE, est un terme dont se servent les Chirurgiens, pour exprimer un dérangement qui arrive dans les parties du corps, par lequel leur cohésion naturelle est détruite, comme par une blessure ou autre cause. Voyez CONTINUITE.

La solution de continuité est une division, désunion ou séparation des parties continues, c'est-à-dire des parties solides du corps. On lui donne un nom particulier, suivant la nature de la partie, la différence de la cause ou la manière de l'application, comme plaie, rupture, fracture, piquure, ouverture, contusion, ulcère, corrosion, dilacération, exfoliation, carie, etc. Voyez BLESSURE, RUPTURE, FRACTURE, etc. (Y)

SOLUTION, (Chimie) la solution des corps en général est ou radicale ou superficielle. Nous disons qu'elle est radicale lorsque la composition du corps dissous est entièrement détruite, et qu'il est par conséquent décomposé dans ses éléments, et en parties totalement dissimilaires. Nous disons au contraire qu'elle est superficielle, lorsque les molécules qui composent ce corps sont simplement séparées, et que ce corps est conséquemment divisé en parties similaires et très-fines.

Nous avons différentes observations à faire sur la solution, les corps à dissoudre, les menstrues ou les dissolvants, et les différents moyens dont on se sert pour les dissolutions ; tous les corps solides, les aggrégats, les mixtes, les composés et les décomposés, quelques liquides et demi-liquides, par exemple, les huiles, les baumes liquides naturels, etc. sont des corps que l'on dissout. On divise les menstrues en général, en aqueux, salins acides, salins alkalis fixes et volatils, inflammables, spiritueux et huileux, et en mixtes, par exemple, en aqueux-inflammables, acides-inflammables, salés-inflammables et salés - aqueux. Quelques-uns joignent à ces menstrues généraux un menstrue universel ; cependant on doit le mettre, comme j'en ai averti ci-devant, au nombre des êtres imaginaires.

Les menstrues aqueux, tels que sont l'eau simple de fontaine et de rivière, l'eau de pluie et la rosée, les eaux pures distillées, et différents phlegmes, dissolvent les sels surtout, les mucilages, les gélées et les concrétions gommeuses. Les menstrues salins acides, par exemple, l'huile et l'esprit de vitriol, l'esprit de sel, de nitre, de vinaigre, de sucre, de miel, le vinaigre simple et distillé, etc. sont propres à dissoudre les corps terreux, pierreux, métalliques et demi-métalliques ; les salins alkalis au contraire, comme le sel de tartre, les cendres gravelées, le nitre fixé, l'alkahest de Glauber, l'huile de tartre par défaillance, l'esprit aqueux de sel ammoniac, etc. peuvent dissoudre les corps sulphureux, huileux, onctueux, gras, etc. et enfin les inflammables spiritueux, comme l'esprit-de-vin le mieux rectifié, et les autres esprits de cette nature brisent les soufres minéraux, néanmoins un peu contraints par les alkalis salins, de même que les concrets bitumineux, camphrés et résineux, les huiles éthérées, etc. et chargent leurs pores de molécules divisées de ces corps. Pour ce qui est des mixtes et des menstrues composés, tels que le vin, esprit-de-vin alkalisé, la liqueur aqueuse et vineuse de la terre foliée de tartre, l'esprit vineux de sel ammoniac, etc. il est facile de connaitre et de déterminer la faculté qu'ils ont de dissoudre par celle de leurs simples menstrues, et par la raison singulière de leur mixtion et de leur composition.

Les moyens dont on se sert avant la dissolution, ou pendant qu'elle se fait, se réduisent à la trituration, à la commixtion, à la dissection, à la fusion, la digestion, la coction, la distillation, la cohobation, etc.

On doit rapporter l'extraction à la solution, comme en étant une espèce la plus usitée. En effet on en fait usage toutes les fois qu'il est question de dissoudre telle ou telle substance active dans les corps composés, et de la séparer des autres parties. On prépare par le moyen de la solution et de l'extraction non - seulement différentes teintures, les essences, les élixirs, les baumes liquides, les infusions, les extraits, les mucilages et les gelées ; mais fort souvent on fait passer ces corps par la dissolution pour les faire ensuite passer par des précipitations, des calcinations, et d'autres opérations. Boerhaave, Chimie. (D.J.)

SOLUTION, (Jurisprudence) signifie quelquefois payement, quelquefois il se prend pour décision, comme quand on dit la solution d'une question ; quelquefois enfin il signifie cessation de quelque chose, comme dans les procès-verbaux des chirurgiens, lorsqu'en parlant d'une plaie ils disent qu'il y a solution de continuité, pour exprimer que les chairs sont ouvertes et séparées. (A)