S. f. (Physique) fumée ou vapeur qui s'exhale ou qui sort d'un corps, et qui se répand dans l'air. Voyez EMANATIONS.

Les mots d'exhalaison et de vapeur se prennent d'ordinaire indifféremment l'un pour l'autre ; mais les auteurs exacts les distinguent. Ils appellent vapeurs, les fumées humides qui s'élèvent de l'eau et des autres corps liquides ; exhalaisons, les fumées seches qui viennent des corps solides, comme la terre ; le feu, les minéraux, les soufres, les sels, etc. Voyez VAPEUR.

Les exhalaisons, prises dans ce dernier sens, sont des corpuscules ou écoulements secs, qui s'élèvent des corps durs et terrestres, soit par la chaleur du soleil, soit par l'agitation de l'air, soit par quelque autre cause. Les corpuscules parviennent jusqu'à une certaine hauteur dans l'air, où se mêlant avec les vapeurs, ils forment les nuages, pour retomber ensuite en rosée, en brouillard, en pluie, etc. Voyez ATMOSPHERE, NUAGE, PLUIE, Voyez aussi EVAPORATION.

Les exhalaisons nitreuses et sulfureuses sont la principale matière du tonnerre, des éclairs, et des divers autres météores qui s'engendrent dans l'air. Voyez TONNERRE, ECLAIR, etc.

M. Newton prétend que l'air vrai et permanent est formé par des exhalaisons élevées des corps les plus durs et les plus compacts. Voyez AIR. Harris et Chambers.

On voit quelquefois, dit M. Musschenbroeck, flotter dans l'air de fort grandes trainées d'exhalaisons qui sont d'une seule et même espèce ; elles diffèrent seulement, quant à la figure qu'elles avaient auparavant dans la terre, en ce que, de corps solides qu'elles étaient, elles sont devenues fluides ; ou bien en ce que de fluides denses qu'elles étaient, elles ont été réduites en un fluide plus rare, et dont les parties se trouvant alors séparées les unes des autres, peuvent flotter dans l'air et y rester suspendues : elles doivent par conséquent avoir conservé plusieurs des propriétés qu'elles avaient auparavant ; savoir celles qui n'ont pas été changées par la raréfaction : elles auront donc aussi les mêmes forces qu'elles avaient déjà, lorsqu'elles étaient encore un corps solide ou un fluide plus dense ; et ces forces seront aussi les mêmes que celles qu'elles auront, lorsqu'elles se trouveront changées en une masse semblable à celle qu'elles formaient avant que d'être raréfiées. On n'aura pas de peine à concevoir que la chose doit être ainsi, lorsqu'on viendra à considérer qu'il s'évapore beaucoup d'eau en été dans un jour, et que cette eau s'élève dans l'air. Lors donc qu'on se représente cette portion d'air qui couvre un grand lac, ou qui se trouve au-dessus de la mer, on doit concevoir alors que cette partie de l'atmosphère se charge en un jour d'une grande quantité de vapeurs, surtout s'il ne fait pas beaucoup de vent. Il arrive quelquefois que le mont Vésuve et le mont Etna exhalent une fumée d'une épaisseur affreuse, et qu'ils vomissent dans l'air une grande quantité de soufre ; ce qui y fait naitre de gros nuages de soufre. Après une bataille sanglante et où il y a eu beaucoup de monde de tué, les corps, que l'on enterre alors ordinairement les uns proche des autres, et peu profondément, doivent exhaler une très-mauvaise odeur lorsqu'ils viennent à se corrompre ; et ces exhalaisons qui tiennent de la nature du phosphore, ne cessent de s'élever chaque jour dans l'air en très-grande quantité, au-dessus de l'endroit où ces cadavres se trouvent enterrés. (On peut juger de-là, pour le dire en passant, combien est pernicieuse notre méthode d'enterrer dans les églises, et même dans des cimetières au milieu des grandes villes). De grands champs où l'on n'a semé qu'une seule sorte de graine, remplissent l'air qui se trouve au-dessus d'eux, d'un nuage d'exhalaisons qui sont par-tout de même nature.

Ces amas de vapeurs ou d'exhalaisons d'une même espèce qui se font dans l'air et le remplissent, sont poussés par le vent d'un lieu dans un autre, où ils rencontrent d'autres parties de nature différente qui se sont aussi élevées dans l'air, et avec lesquelles ils se confondent. Il faut donc alors qu'il naisse de ce mélange les mêmes effets, ou des effets semblables à ceux que nous pourrions observer si l'on versait ou mêlait dans un verre des corps semblables à ceux qui constituent ces vapeurs. Qu'il serait beau et utile en même temps, de connaitre les effets que produiraient plusieurs corps par le mélange que l'on en ferait ! Mais les Philosophes n'ont encore fait que fort peu de progrès dans ces sortes de mélanges ; car les corps que l'on a divisés en leurs parties, et mêlés ensuite ensemble ou avec d'autres, sont jusqu'à présent en très-petit nombre. Puis donc que l'atmosphère contient des parties de toute sorte de corps terrestres qui y nagent et qui se rencontrent, il faut que leur mélange y produise un très-grand nombre d'effets que l'art n'a pu encore nous découvrir ; par conséquent il doit naitre dans l'atmosphère une infinité de phénomènes que nous ne saurions encore ni comprendre ni expliquer clairement. Il ne serait pourtant pas impossible de parvenir à cette connaissance, si l'on faisait un grand nombre d'expériences sur les mélanges des corps ; matière immense puisqu'un petit nombre de corps peuvent être mêlés ensemble d'un très-grand nombre de manières, comme il parait évidemment par le calcul des combinaisons. Il est donc entièrement hors de doute que les météores doivent produire un grand nombre de phénomènes, dont nous ne comprendrons jamais bien les causes, et sur lesquels les Philosophes ne feront jamais que des conjectures. Voyez METEORES.

Il y a quelquefois, continue M. Musschenbroeck, de violents tremblements de terre, qui font fendre et crever de grosses croutes pierreuses de la grandeur de quelques milles, et qui se trouvaient couchées sous la surface de la terre. Ces croutes empêchaient auparavant les exhalaisons de certains corps situés encore plus profondément, de s'échapper et de sortir de dessous la terre ; mais aussi-tôt que ces espèces de voutes se trouvent rompues et brisées, les passages sont comme ouverts pour les vapeurs, qui venant alors à s'élever dans l'air, y produiront de nouveaux phénomènes. Ces phénomènes dureront aussi longtemps que durera la cause qui les produit, et ils cesseront dès que cette même cause se trouvera consumée. Mussch. essai de Physique, §. 1471-1493. Voyez VOLCAN.

On peut voir dans l'essai sur les poisons, du docteur Mead, comment et par quelle raison les vapeurs minérales peuvent devenir empoisonnées. Voyez POISON, et l'article suivant.

On trouve dans les Naturalistes plusieurs exemples des effets de ces exhalaisons malignes : voici ce qui est rapporté dans l'histoire de l'académie des Sciences pour l'année 1701 : Un maçon qui travaillait auprès d'un puits dans la ville de Rennes, y ayant laissé tomber son marteau, un manœuvre qui fut envoyé pour le chercher fut suffoqué avant d'être arrivé à la surface de l'eau ; la même chose arriva à un second qui descendit pour aller chercher le cadavre, et il en fut de même d'un troisième : enfin on y descendit un quatrième à moitié yvre, à qui on recommanda de crier dès qu'il sentirait quelque chose : il cria bien vite dès qu'il fut près de la surface de l'eau, et on le retira aussi-tôt ; mais il mourut trois jours après. Il dit qu'il avait senti une chaleur qui lui dévorait les entrailles. On descendit ensuite un chien, qui cria dès qu'il fut arrivé au même endroit, et qui s'évanouit dès qu'il fut en plein air ; on le fit revenir en lui jetant de l'eau, comme il arrive à ceux qui ont été jetés dans la grotte du chien proche de Naples. Voyez GROTTE. On ouvrit les trois cadavres, après les avoir retirés avec un croc, et on n'y remarqua aucune cause apparente de mort ; mais ce qu'il y a de plus singulier, c'est que depuis plusieurs années on buvait de l'eau de ce puits, sans qu'elle fit aucun mal.

Autre fait rapporté dans l'histoire de l'académie des Sciences, ann. 1710. Un boulanger de Chartres avait mis dans sa cave, dont l'escalier avait 36 degrés, sept à huit poinçons de braise de son four. Son fils, jeune homme fort et robuste, y étant descendu avec de nouvelle braise et de la lumière, la lumière s'éteignit au milieu de l'escalier ; il remonta, la ralluma, et redescendit. Dès qu'il fut dans la cave, il cria qu'il n'en pouvait plus, et cessa bientôt de crier. Son frere, aussi fort que lui, descendit à l'instant ; il cria de même qu'il se mourait, et peu de temps après ses cris finirent : sa femme descendit après lui, une servante ensuite, et ce fut toujours la même chose. Cet accident jeta la terreur dans tout le voisinage, et personne ne se pressait plus de descendre dans la cave. Un homme plus hardi que les autres, persuadé que les quatre personnes qui étaient descendues dans la cave n'étaient pas mortes, voulut aller les secourir ; il cria et on ne le revit plus. Un sixième homme demanda un croc pour retirer ces corps sans descendre en-bas ; il retira la servante, qui ayant pris l'air, fit un soupir et mourut. Le lendemain un ami du boulanger voulant retirer ces corps avec un croc, se fit descendre dans la cave par le moyen d'une corde, et recommanda qu'on le retirât dès qu'il crierait. Il cria bien vite ; mais la corde s'étant rompue, il retomba, et quelque diligence qu'on fit pour renouer la corde, on ne put le retirer que mort. On l'ouvrit : il avait les meninges extraordinairement tendues, les lobes du poumon tachetés de marques noirâtres, les intestins enflés et gros comme le bras, enflammés et rouges comme du sang ; et ce qu'il y avait de plus singulier, tous les muscles des bras, des cuisses et des jambes comme séparés de leurs parties. Le magistrat prit connaissance de ce fait, et on consulta des médecins. Il fut conclu que la braise qui avait été mise dans la cave, était sans-doute mal éteinte ; et que comme toutes les caves de Chartres abondent en salpetre, la chaleur de la braise avait sans-doute fait élever du salpetre une vapeur maligne et mortelle ; qu'il fallait par conséquent jeter dans la cave une grande quantité d'eau, pour éteindre le feu et arrêter le mal, ce qui fut exécuté : ensuite de quoi on descendit dans la cave un chien avec une chandelle allumée ; le chien ne mourut point, et la chandelle ne s'éteignit point : preuve certaine que le péril était passé.

A ces deux faits nous pouvons en ajouter un troisième, rapporté par le docteur Connor dans les dissert. medic. physiq. Quelques personnes creusaient la terre dans une cave à Paris, croyant y trouver un trésor caché : après qu'elles eurent travaillé quelque temps, la servante étant descendue pour appeler son maître, les trouva dans la posture de gens qui travaillaient ; mais ils étaient morts. Celui qui tenait la beche, et son compagnon qui rejetait la terre avec la pelle, étaient tous deux sur pied, et semblaient encore occupés à leur travail : la femme de l'un d'eux était assise sur ses genoux, comme si elle eut été lasse, ayant sa tête appuyée sur ses mains, dans la posture de quelqu'un qui rêve profondément, et un jeune homme avait son haut-de-chausses bas, et semblait faire ses nécessités sur le bord de la fosse, ayant les yeux fixés en terre : enfin tous paraissaient dans des attitudes et des actions naturelles ; les yeux ouverts et la bouche béante, de manière qu'ils semblaient encore respirer ; mais ils étaient roides comme des statues, et froids comme marbre. Chambers. (O)

EXHALAISONS MINERALES ou MOUPHETES, habitus minerales, mephitis, etc. (Histoire naturelle minéral.) Il part des veines ou filons métalliques, sur tout lorsqu'ils sont proches de la surface de la terre, des vapeurs qui se rendent sensibles, et qui dans l'obscurité de la nuit paraissent quelquefois enflammées. La même chose arrive dans le sein de la terre, au fond des galeries et souterrains des mines dont on tire les métaux, charbons de terre et autres substances minérales. Ces vapeurs ou exhalaisons s'échappent par les fentes, crevasses et cavités qui se trouvent dans les roches ; elles sont de différentes espèces, et produisent des effets tout différents. Tantôt elles échauffent l'air si considérablement, qu'il est impossible que les ouvriers puissent continuer leurs travaux sous terre ; cela arrive surtout durant les grandes chaleurs, où l'air extérieur de l'atmosphère n'étant pas agité par le vent, reste dans un état de stagnation qui empêche l'air contenu dans les souterrains de se renouveller et de circuler librement. Les ouvriers sont fort incommodés de ces exhalaisons ; elles excitent chez eux des toux convulsives, et leur donnent la phtisie, la pulmonie, des paralysies, et d'autres maladies qui contribuent à abréger leurs jours : souvent même l'effet en est encore plus promt, et les pauvres mineurs sont tout-d'un-coup suffoqués par ces vapeurs dangereuses.

Ces exhalaisons paraissent comme un brouillard qui s'élève dans les souterrains des mines ; quelquefois elles ne s'élèvent que jusqu'à cinq ou six pouces au-dessus du sol de la mine ; d'autres fois elles s'annoncent en affoiblissant peu-à-peu, et même éteignant tout à fait les lampes des ouvriers : elles se manifestent aussi sous la forme de filament ou de toiles d'araignées, qui en voltigeant s'allument à ces lampes, et produisent, comme nous l'avons remarqué à l'article CHARBON FOSSILE, les effets de la poudre à canon ou du tonnerre. Voyez cet article. Mais le phénomene le plus singulier que les exhalaisons nous présentent, c'est celui que les mineurs nomment ballon. On prétend qu'on voit à la partie supérieure des galeries des mines, une espèce de poche arrondie, dont la peau ressemble à de la toile d'araignée. Si ce sac vient à se crever, la matière qui y était renfermée se répand dans les souterrains, et fait périr tous ceux qui la respirent. Voyez le dictionn. de Chambers. Les mineurs anglais croient que ce ballon est formé par les émanations, qui partent de leurs corps et de leurs lumières, s'élèvent vers la partie supérieure des galeries souterraines, s'y condensent, et se couvrent à la longue d'une pellicule, au-dedans de laquelle elles se corrompent et deviennent pestilentielles : au reste chacun est le maître d'en penser ce qu'il voudra.

Les exhalaisons minérales, quoique toujours pernicieuses, n'ont cependant point toutes le même degré de malignité. Les minéralogistes allemands nomment schwaden les plus mauvaises ; elles se font sentir principalement dans les mines d'où l'on tire des minéraux sujets à se décomposer par le contact de l'air, telles que les terres alumineuses et sulphureuses ; et ceux dans la composition desquels il entre beaucoup d'arsenic, comme sont les mines d'argent rouges et blanches, les mines d'étain, les mines de fer arsénicales, les pyrites arsénicales blanches, les mines de colbalt, etc. d'où l'on voit que la malignité de ces exhalaisons ou mouphetes, vient de l'arsenic dont elles sont chargées ; et il y a lieu de croire que ce qui les excite, est l'espèce de fermentation que cause la chaleur souterraine.

Heureusement ces exhalaisons ne règnent pas toujours dans les mines ; il y en a qui ne s'y font sentir que dans de certains temps ; d'autres ne se manifestent qu'accidentellement, c'est-à-dire lorsque les ouvriers viennent à percer avec leurs outils dans des fentes ou cavités, dans lesquelles des minéraux arsénicaux ont été décomposés, ou bien qui ont servi de retraite à des eaux croupies, à la surface desquelles ces exhalaisons se présentent quelquefois sous la forme d'une vapeur bleuâtre, qui sort par le mouvement causé à ces eaux, et se répand dans les souterrains par les passages qu'on lui a ouverts ; elle est souvent accompagnée d'une odeur très-fétide. Il ne faut point confondre avec les mouphetes que nous venons de décrire, les exhalaisons qui règnent dans certaines mines, où l'on a été obligé de mettre le feu, afin de détacher le minéral de la roche dans laquelle il se trouve enveloppé ; comme cela se pratique quelquefois, et surtout dans les mines d'étain. On sent aisément que par cette opération il doit s'exciter dans les souterrains des vapeurs et fumées, qu'il serait très-dangereux de respirer.

Il y a d'autres exhalaisons minérales qui, sans être arsénicales, ne laissent point que d'être très-dangereuses, et de produire de funestes effets ; telles sont celles qui sont sulphureuses, et par lesquelles, pour parler le langage de la Chimie, l'acide sulphureux volatil est dégagé ; souvent elles font périr ceux qui ont le malheur d'y être exposés. Celles dont il est parlé dans l'article CHARBON FOSSILE sont de cette espèce. Il y a lieu de croire qu'il en est de même de celles qui se font sentir en Italie, dans la fameuse grotte du chien, etc.

Souvent il se fait à la surface de la terre, et dans son intérieur, des exhalaisons très-sensibles et très-considérables : elles se montrent surtout le matin, dans le temps que la rosée tombe ; et à la suite de ces exhalaisons, les mineurs trouvent les filons des mines qui sont dans le voisinage stériles, dépourvus du minéral qu'ils contenaient, et semblables à des os cariés ou à des rayons de miel ; pour lors ils disent qu'ils sont venus trop tard. C'est-là proprement ce qu'on nomme exhalaison, exhalatio, en allemand ausswitterng. Quelquefois l'effet en est plus rapide, les vapeurs paraissent enflammées, elles sortent de la terre accompagnées d'une épaisse fumée, et produisent des éruptions, à la suite desquelles les veines métalliques se trouvent détruites. Ces phénomènes semblent avoir la même cause que les volcans. Voyez cet article. Enfin il y a encore des exhalaisons ou vapeurs que l'on appelle inhalationes, en allemand einwitterung ; on désigne par-là les vapeurs qui règnent dans les souterrains des mines qui ont été longtemps abandonnées, et à la suite desquelles quelques auteurs disent qu'on trouve une matière visqueuse ou gélatineuse, attachée aux parois des souterrains, dont par la suite des temps il se forme des minéraux métalliques. Quoi qu'il en sait, il parait qu'il n'est point douteux que les exhalaisons qui s'excitent dans les entrailles de la terre, ne contribuent infiniment à la formation des métaux, ou du moins à la composition et décomposition des minéraux métalliques, puisqu'il est aisé de voir que par leur moyen il se fait continuellement des dissolutions, qui ensuite sont suivies de nouvelles combinaisons. Pour peu qu'on fasse réflexion à ce qui vient d'être dit, on verra que les exhalaisons minérales jouent un grand rôle dans la nature, et surtout pour la crystallisation et la minéralisation. Voyez ces deux articles. Il y a aussi tout lieu de croire que c'est à ces exhalaisons minerales que toutes les pierres colorées sont redevables de leurs couleurs ; parce que les parties métalliques mises dans l'état de vapeurs, sont atténuées au point de pouvoir pénétrer les substances les plus dures et les plus compactes. C'est le sentiment du célèbre Kunckel.

M. Lehman, savant minéralogiste, a fait un excellent commentaire allemand sur un assez mauvais traité des mouphetes de Théobald. Il finit son commentaire par conclure, que les exhalaisons minérales ou mouphetes ne sont autre chose " qu'un corps composé d'une terre très-atténuée, d'un soufre très-subtil, et d'un sel très-volatil, qui produit sur les roches et pierres, dans le sein de la terre, la même chose que le levain produit sur la pâte, c'est-à-dire qu'il pénetre, développe, mûrit, et augmente.

Les exhalaisons minérales étant aussi dangereuses et incommodes qu'on l'a vu dans cet article, on prend un grand nombre de précautions pour en garantir les ouvriers, et pour faciliter la circulation de l'air dans les souterrains. On se sert pour cela des percements, quand il est possible de les pratiquer, c'est-à-dire qu'on ouvre une galerie horizontale au pied d'une montagne ; et cette galerie fait, avec les bures ou puits perpendiculaires de la mine, une espèce de syphon qui favorise le renouvellement de l'air. Mais de toutes les méthodes qu'on puisse employer, il n'en est pas de plus sure que la machine de Sutton. Voyez cet article. (-)