S. f. (Physique) action d'atténuer un fluide, c'est-à-dire de le rendre plus liquide et moins épais qu'il n'était. Voyez ATTENUANS.

Chauvin définit plus généralement l'atténuation, l'action de diviser ou de séparer les plus petites parties d'un corps, qui auparavant formait une masse continue par leur union intime ; c'est pour cette raison que les Alchimistes se servent quelquefois de ce mot, pour exprimer la pulvérisation, c'est-à-dire l'action de réduire un corps en une poudre impalpable, soit en le broyant, soit en le pilant, etc. Voyez POUDRE et PULVERISATION. (L)

ATTENUATION, se dit en Médecine, de l'effet des remèdes atténuans, ou de certains efforts que la nature fait d'elle-même pour détruire la force des maladies : c'est ainsi que la fièvre emporte un levain qu'elle détruit en le brisant ; et cette atténuation du levain qui obstruait les petits vaisseaux, est dûe à la division des humeurs, à l'irritation et la vibration des solides augmentée. Cette atténuation est la première indication dans les maladies qui proviennent de la condensation et de l'épaississement, mais elle est fort douteuse, et même nuisible dans l'acrimonie. (N)

ATTENUATION, s. f. terme de Palais, usité dans les matières criminelles : on appelait défenses par atténuation, les défenses de l'accusé, données par appointement à ouir droit, qui portait que la partie civile donnerait ses conclusions, et l'accusé ses défenses par atténuation. Mais l'ordonnance criminelle de 1670, tit. xxj. art. 1, a abrogé cette forme de procédure, et permet seulement à la partie civile de présenter sa requête, dont copie doit être donnée à l'accusé, qui en conséquence baille aussi la sienne ; sans que néanmoins le jugement du procès puisse être retardé, faute par la partie civile ou par l'accusé de bailler sa requête. Celle de l'accusé tenant lieu de ce qu'on appelait défenses par atténuation, s'appelle requête d'atténuation, c'est-à-dire requête par laquelle l'accusé tâche d'excuser ou de diminuer son crime. Voyez ACCUSE. (H)