S. m. (Physique) vent très-violent, qui s'élève promptement et qui se dissipe bientôt après. Voyez VENT.

Il y a différentes sortes d'ouragans ou de tourbillons, distingués par les noms de prester, typho, vortex ou vorbex, exhydria et ecnephis.

Le prester est un vent violent qui lance des éclairs, il s'observe rarement, et ne va presque jamais sans ecnephis. Séneque dit que c'est un typho ou trombe. Voyez TROMBE.

L'ecnephis est un vent impétueux qui s'élance d'un nuage. Il est fréquent dans la mer d'Ethiopie, principalement vers le cap de Bonne-Espérance ; les marins l'appellent travados.

L'exhydria est un vent qui sort avec violence d'un nuage, et est accompagné d'une grande pluie : il ne parait guère différer que par le degré de force de l'ecnephis, qui ne va guère non plus sans ondée.

Le typho ou vortex est proprement le tourbillon ou l'ouragan, c'est un vent impétueux qui tourne rapidement en tout sens, et semble balayer autour de lui. Il souffle fréquemment de haut en-bas ; les Indiens l'appellent orancan, les Turcs oliphant. Il est fréquent dans les mers orientales, principalement vers Siam, la Chine, etc. et rend la navigation de ces mers très-dangereuse. Chambers.

" Les premiers navigateurs qui ont approché du cap de Bonne-Espérance ignoraient les effets de ces nuages funestes, qui semblent se former tranquillement, et qui tout-d'un-coup lancent la tempête. Près de la côte de Guinée, il se fait quelquefois trois ou quatre de ces orages en un jour, ils sont causés et annoncés par de petits nuages noirs, le reste du ciel est ordinairement fort serein, et la mer tranquille ; c'est principalement aux mois d'Avril, de Mai et de Juin qu'on éprouve ces tempêtes sur la mer de Guinée.

Il y a d'autres espèces de tempêtes, que l'on appelle proprement des ouragans, qui sont encore plus violentes que celles-ci, et dans lesquelles les vents semblent venir de tous côtés. Il y a des endroits dans la mer où l'on ne peut pas aborder, parce qu'alternativement il y a toujours ou des calmes, ou des ouragans de cette espèce ; les plus considérables sont auprès de la Guinée à 2 ou 3 degrés latitude nord.

Lorsque les vents contraires arrivent à-la-fais dans le même endroit comme à un centre, ils produisent ces tourbillons ; mais lorsque ces vents trouvent en opposition d'autres vents qui contrebalancent de loin leur action, alors ils tournent autour d'un grand espace, dans lequel il règne un calme perpétuel, et c'est ce qui forme les calmes dont nous parlons, et desquels il est souvent impossible de sortir. Ces endroits de la mer sont marqués sur les globes de Senex, aussi-bien que les directions des différents vents qui règnent ordinairement dans toutes les mers ". Histoire naturelle gén. et partic. tome I.