subst. f. en Astronomie, est l'assemblage de plusieurs étoiles, exprimées et représentées sous le nom et la figure d'un animal ou quelqu'autre chose : on l'appelle aussi un astérisme. Voyez ÉTOILE.

Les anciens astronomes ne se sont pas seulement attachés à distribuer les étoiles selon leurs différentes grandeurs ; comme on le verra à l'art. ÉTOILE ; mais ils ont encore imaginé, pour les faire reconnaitre plus facilement, de faire plusieurs cartes qui expriment la situation propre, et la disposition des unes à l'égard des autres dans les différentes régions du ciel. Pour cet effet ils ont partagé le firmament en plusieurs parties ou constellations, réduisant un certain nombre d'étoiles sous la représentation de certaines figures, afin d'aider l'imagination et la mémoire à concevoir et à retenir leur nombre, leur arrangement, et même pour distinguer les vertus qu'ils leur attribuaient : c'est dans ce sens qu'ils disaient qu'un homme était né sous une heureuse constellation, c'est-à-dire sous une heureuse disposition des corps célestes. Voyez ASTROLOGIE.

La division des cieux en constellations est fort ancienne, et parait l'être autant que l'Astronomie même ; au moins a-t-elle été connue des plus anciens auteurs qui nous restent, soit sacrés soit profanes. Il en est fait mention dans le livre de Job, témoin cette apostrophe : peux-tu arrêter les douces influences des Pleïades ou détacher les bandes d'Orion ? On peut observer la même chose dans les plus anciens écrivains payens, Homère et Hésiode qui repetent souvent le nom de plusieurs constellations. En un mot il est vraisemblable que les Astronomes ont senti dès le commencement la nécessité de partager ainsi les régions du ciel. Comme la distance de toutes les étoiles est immense par rapport à nous, il importe peu en quel endroit de notre système solaire serait placé l'observateur qui les regarde ; car soit qu'on le suppose dans le soleil, sur la terre, ou dans Saturne, qui est la dernière et la plus éloignée de toutes les planètes, il est certain que, de chacun des différents points de notre système solaire, il apercevrait également les étoiles fixes dans le même endroit du ciel : effectivement quelque soin qu'il employât à examiner les différentes régions de cette vaste étendue, les étoiles lui paraitraient exactement dans une même situation les unes par rapport aux autres, sans que leurs distances parussent jamais altérées malgré les différents points de vue qu'il occupe à mesure qu'il a changé de lieu. Il s'ensuit donc que dans toutes les planètes, on doit voir de la même manière le ciel étoilé ; et qu'il en est de même que s'il n'y avait qu'une seule et unique voute, ou un même monde qui environnerait chaque planète en particulier et précisément de la même manière.

Cette raison a engagé les Astronomes à diviser le ciel étoilé en trois parties principales, dont celle du milieu, appelée zodiaque, renferme toutes les étoiles qui se trouvent ou aux environs de la route des planètes pendant leurs révolutions, ou dans les plans de leurs orbites ; et le zodiaque s'étend de plus jusqu'aux limites au-delà desquelles les planètes ne sauraient s'écarter. Cette zone ou bande est terminée par deux régions immenses du ciel, dont l'une s'appelle boréale et est au nord du zodiaque, l'autre qui est au midi se nomme australe. Inst. astr.

Les constellations des anciens ne comprenaient que ce qui était visible dans le firmament, ou que ce dont ils pouvaient s'apercevoir : elles étaient au nombre de 48, dont les douze qui comprennent le zodiaque furent nommées Aries, Taurus, Gemini, Cancer, Leo, Virgo, Libra, Scorpius, Sagittarius, Capricornus, Aquarius, Pisces ; en français, le Bélier, le Taureau, les Gemeaux, l'Ecrevisse, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau, les Paissons ; d'où les signes du zodiaque et de l'écliptique ont pris leur nom, quoique depuis longtemps ils ne soient plus contigus aux constellations d'où ils l'ont tiré. Voyez ZODIAQUE et PRECESSION.

Les autres étoiles au nord du zodiaque dans la partie boréale, furent rangées sous 21 constellations, savoir, Ursa major et minor, Draco, Cepheus, Bootes, Corona septentrionalis, Hercules, Lyra, Cygnus, Cassiopeia, Perseus, Andromeda, Triangulum, Auriga, Pegasus, Equuleus, Delphinus, Sagitta, Aquila, Ophiuchus ou Serpentarius, et Serpens ; en français, la grande Ourse, la petite Ourse, le Dragon, Cephée, le Bouvier, la couronne septentrionale, Hercule, la Lyre, le Cygne, Cassiopée, Persée, Andromède, le Triangle, le Cocher, Pegase, le petit Cheval, le Dauphin, la Fleche, l'Aigle, le Serpentaire et le Serpent. On y a ajouté quelques siècles après d'autres constellations, formées par quelques étoiles qui se trouvaient entre ces anciennes constellations, et qu'on nommait pour cette raison étoiles informes. Ces nouvelles sont Antinous proche l'Aigle, et la Chevelure de Bérenice, ou Coma Berenices. Voyez ces mots.

On distribua celles du Sud en 15 constellations, dont les noms sont Cetus, Eridanus fluvius, Lepus, Orion, Canis major et minor, Argo, Hydra, Crater, Corvus, Centaurus, Lupus, Ara, Corona meridionalis, et Piscis australis ; en français, la Baleine, l'Eridan, le Lièvre, Orion, le grand Chien, le petit Chien, le navire Argo, l'Hydre, la Coupe, le Corbeau, le Centaure, le Loup, l'Autel, la Couronne australe, et le Paisson méridional ; auxquels on en a ajouté douze depuis, savoir, Phoenix, Grus, Pavo, Indus, Apus, Triangulum australe, Musca, Cameleo, Piscis volans, Toucan, Hydrus et Xiphias ; en français, le Phenix, la Grue, le Paon, l'Indien, l'Oiseau du Paradis, le Triangle austral, la Mouche, le Cameleon, le Paisson volant, le Toucan ou l'Oie d'Amérique, l'Hydre, Xiphias ou la Dorade. Les positions des étoiles qui composent ces douze dernières ont été déterminées par le célèbre M. Halley, qui alla exprès pour cela à l'Isle de Ste. Helene en 1677. Voyez chaque constellation et les étoiles qu'elle contient sous son propre article.

De ces constellations, les 15 dernières et la plus grande partie du navire Argo, du Centaure, et du Loup, ne sont pas visibles sur notre horizon.

Les Astronomes modernes depuis ont fait de nouvelles constellations. Voyez INFORMES et SPORADES.

C'est ainsi qu'Hévélius a placé Leo minor entre Leo et Ursa major ; Lynx entre Ursa minor et Auriga ; et au-dessus de Gemini et sous la queue d'Ursa major, Canes venatici, &c.

Les étoiles sont ordinairement distinguées dans ces constellations par la partie de la figure qu'elles occupent. Bayer, de plus, les distingue encore par les lettres de l'alphabet grec, et il y en a même beaucoup qui ont leurs noms particuliers, comme Arcturus entre les pieds du Bouvier ; la Luisante dans Corona septentrionalis ; Palilicium ou Aldebaran dans l'oeil du Taureau ; Pleïades dans le dos, et Hyades dans le front du Taureau : Castor et Pollux dans les têtes de Gemini ; Capella avec Hoedi dans l'épaule d'Auriga ; Regulus dans le cœur du Lion, l'épi dans la main de la Vierge, la Vendangeuse dans son épaule ; Antares ou le cœur du Scorpion, Fomahaut dans la bouche du Paisson austral ; Rigel dans le pied d'Orion ; Sirius dans la bouche du Canis major ; et l'étoile polaire qui est la dernière de la queue d'Ursa minor. Voyez SIRIUS, etc.

On peut voir dans Hyginus, Noel le Comte, et Riccioli, les fables absurdes et bizarres que les poetes Grecs et Romains ont tirées de l'ancienne théologie sur l'origine des constellations. C'est pour cela que quelques personnes se sont donné la peine assez inutile de changer ou les figures des constellations, ou au moins leurs noms.

Ainsi, le vénérable Bede, au lieu des noms et des figures profanes des douze constellations du zodiaque, substitua celles des douze apôtres ; quelques astronomes modernes venus depuis ont suivi son exemple, et achevé cette reforme, en donnant à toutes les constellations des noms tirés de l'Ecriture sainte.

Alors Aries, ou le Bélier, devint S. Pierre ; Taurus, ou le Taureau, S. André ; Andromède, le Sepulchre de Jesus-Christ ; la Lyre, la Crêche de Jesus-Christ ; Hercule, les Mages venant de l'Orient ; Canis major, David, etc.

Weigelius professeur en mathématiques dans l'université de Jene, fit un nouvel ordre de constellations, changeant le firmament dans un coelum heraldicum, en substituant les armes de tous les princes de l'Europe aux anciennes constellations. Ainsi il transforma l'Ursa major, dans l'Elephant du roi de Danemark ; Ophiunchus, dans la Croix de Cologne ; le Triangle, dans le Compas, qu'il appelle le symbole des Artistes ; et les Pleïades, dans l'Abacus Pythagoricus, qu'il appelle celui des Marchands. Voyez ABAQUE. Chambers et Wolf.

Mais les plus savants Astronomes n'ont jamais approuvé de pareilles innovations qui ne servent qu'à introduire de la confusion dans l'Astronomie. C'est pourquoi on a gardé les noms des anciennes constellations, pour conserver une plus grande correspondance et uniformité entre l'ancienne Astronomie et la nouvelle. Voyez ASTRONOMIE. Voyez aussi à la fin des Planches d'Astronomie deux cartes des constellations d'après M. le Monnier. Cet habile astronome a ajouté quelques constellations à celles qu'on connaissait déjà : par exemple, le Reene, proche le pôle arctique. (O)