S. f. (Littérature et Chronologie) l'indiction est en Chronologie un cercle de quinze années juliennes accomplies. Il faut savoir que ce terme a d'abord signifié un tribut que les Romains percevaient toutes les années dans les provinces, sous le nom d'indictio tributaria. Il est vraisemblable que ce tribut était levé pour la subsistance des soldats, et particuliérement de ceux qui avaient servi pendant quinze ans la république. Quoi qu'il en sait, lorsque l'état de l'empire romain changea de face sous les derniers empereurs, on conserva le terme indictio, mais on l'employa simplement pour marquer un espace de quinze années.

On chercherait inutilement le temps où l'on commença de se servir de l'indiction dans ce dernier sens, on l'ignorera toujours. Ceux qui disent que Constantin, après avoir aboli les jeux séculaires et vaincu Maxence, introduisit l'époque de l'indiction au mois de Septembre 312, devinent sans-doute, puisqu'ils ne peuvent pas en rapporter la preuve.

On n'a pas mieux démêlé l'origine et le commencement de l'indiction romaine, ou si l'on veut pontificale ; ce second point d'histoire est encore un des plus obscurs. Le P. Mabillon s'est donné des peines inutiles pour l'éclaircir, et Ducange n'a pas été plus heureux dans son Glossaire.

Ce qu'on sait de vrai, c'est que les papes, après que Charlemagne les eut rendus souverains, commencèrent à dater leurs actes par l'année de l'indiction, qui fut fixée au premier Janvier 313 de l'an de J. C. auparavant ils les dataient par les années des empereurs ; et enfin ils les ont datés par les années de leur pontificat, comme le prouve le synode que le pape Jean XV. tint en 998.

Aujourd'hui la cour de Rome, pour empêcher les faussetés qui pourraient se commettre dans les provisions des bénéfices, dans les bulles et autres expéditions, en y changeant les dates, a imaginé de les multiplier, d'y en ajouter de petites aux grandes, et d'y rappeler cinq ou six fois la même date en plusieurs manières, ce qui est une précaution excellente ; car si le faussaire n'altère qu'une partie des dates, il sera refuté par toutes les autres, et s'il les altère toutes, il sera facile de découvrir sa fourberie, en y regardant de près.

Les grandes dates de la chancellerie sont l'année courante de N. S. et celle du pape régnant. Les petites dates sont les années courantes de l'indiction, du nombre d'or, et du cycle solaire.

Pour entendre la date de l'indiction romaine actuelle, il faut se rappeler qu'elle a été fixée au premier Janvier de l'an 313 de l'ère commune, d'où il suit que l'an 312 avait douze d'indiction, car divisant 312 par 15 il reste 12 ; par conséquent on a supposé que le cycle de l'indiction commencerait 3 ans avant la naissance de J. C. supputation fictive qui n'a aucun rapport avec les mouvements célestes.

Maintenant donc si vous voulez savoir le nombre de l'indiction romaine qui répond à une année donnée ajoutez 3 à l'année donnée, divisez la somme par 15, ce qui reste après la division, sans avoir égard au quotient, est le nombre de l'indiction cherchée.

Si l'on vous demandait par exemple le nombre de l'indiction papale qui répond à l'année 1700, vous ajouterez 3 à 1700, vous diviserez la somme de 1703 par 15, le reste de la division donnera 8, qui est le nombre de l'indiction de l'an 1700.

De même pour trouver l'indiction de l'an 1759, on ajoutera 3 à 1759 qui feront 1762 ; on divisera 1762 par 15, le reste de la division donnera 7 pour le nombre de l'indiction que l'on cherche ; même opération à l'égard de toute autre année.

L'indiction dans son origine ne désignait point, comme on l'a déjà dit, une époque chronologique. Ce mot vient du latin indictio, qui signifie dénonciation, ordonnance. Le temps de l'indiction des empereurs romains était celui où l'on avertissait le peuple de payer un certain tribut, et cette indiction impériale avait lieu vers la fin de Septembre ou au commencement d'Octobre, parce qu'alors la récolte étant faite, le peuple pouvait payer le tribut ordonné, tributum indictum. (D.J.)