Non classifié

terme Cabalistique, auquel les Juifs attribuent les mêmes propriétés qu'à l'abracadabra. Ces deux mots sont, outre des amuletes, des noms que les Syriens donnaient à une de leurs idoles.
S. m. pl. moines catholiques qui souffrirent le martyre pour le culte des images sous Théophile, au neuvième siècle. (G)
S. f. signifie, en Médecine, l'irritation que produisent sur la membrane interne de l'estomac et des intestins les médicaments violents, comme les purgatifs auxquels on a donné le nom de drastiques. Voyez DRASTIQUE.

ou ABRASAX, terme mystique de l'ancienne Philosophie et de la Théologie de quelques hérétiques, en particulier des Basilidiens. Quelques modernes ont cru sur la foi de Tertullien et de saint Jérôme, que Basilide appelait le Dieu suprême ou le Dieu tout-puissant du nom d'abraxas, marquant, ajoutent-ils, par ce mot les trois cens soixante et cinq processions divines qu'il inventait ; car selon la valeur numérale des lettres de ce nom, Α vaut 1. ϐ 2. ρ 100. α 1. σ 200. α 1. ξ 60. ce qui fait en tout 365. Mais outre que S. Jérôme dit ailleurs qu'abraxas était peut-être le nom de Mithra ou du soleil, qui était le Dieu des Perses, et qui dans sa révolution annuelle fournit le nombre de 365 jours, le sentiment de ces pères est détruit par celui de S. Irénée, qui assure, 1°. que les Basilidiens ne donnaient point de nom au Dieu suprême. Le Père de toutes choses, disaient-ils, est ineffable et sans nom : ils ne l'appelaient donc pas abraxas ; 2°. que ce nom faisant le nombre de 365, les Basilidiens appelaient de la sorte le premier de leurs CCCLXV cieux, ou le prince et le premier des CCCLXV anges qui y résidaient. Tertull. de proescript. hoeret. cap. xlvj. Saint Jérome, in amor. tom. VI. pag. 100. Beausobr. Histoire du Manich. tom. II. pag. 52.

S. m. épitome, sommaire, précis, raccourci. Un abrégé est un discours dans lequel on réduit en moins de paroles, la substance de ce qui est dit ailleurs plus au long et plus en détail.

* " Les critiques, dit M. Baillet, et généralement tous les studieux qui sont ordinairement les plus grands ennemis des abrégés, prétendent que la coutume de les faire ne s'est introduite que longtemps après ces siècles heureux où fleurissaient les Belles-Lettres et les Sciences parmi les Grecs et les Romains. C'est à leur avis un des premiers fruits de l'ignorance et de la fainéantise, où la barbarie a fait tomber les siècles qui ont suivi la décadence de l'empire. Les gens de lettres et les savants de ces siècles, disent-ils, ne cherchaient plus qu'à abreger leurs peines et leurs études, surtout dans la lecture des historiens, des philosophes, et des jurisconsultes, soit que ce fût le loisir, soit que ce fût le courage qui leur manquât ".

ABREUVER un vaisseau, c’est y jeter de l’eau, après qu’il est achevé de construire, et l’en remplir entre le francbord et le serrage pour éprouver s’il est bien étanché, et s’il n’y a pas de voie d’eau. (Z)

ABREUVER, est aussi le même qu'arroser ; on le dit particulièrement des prés où l'on fait d'abord venir l'eau d'une rivière, d'une source, ou d'un ruisseau, dans une grande rigole ou canal situé à la partie supérieure des terres, et divisé ensuite par les ramifications de petits canaux dans toute l'étendue d'un pré. Cette manière d'abreuver les prairies, établie en Provence et en Languedoc, les rend extrêmement fertiles, lorsqu'elle est faite à propos. La trop grande quantité d'eau, si elle y séjournait, rendrait les prés marécageux. (K)

ou GOUTTIERE, défaut des arbres qui vient d'une altération des fibres ligneuses qui s'est produite intérieurement, et n'a occasionné aucune cicatrice qui ait changé la forme extérieure de l'arbre. L'abreuvoir a la même cause que la gélivure. Voyez l'article GELIVURE.

ABREUVOIR, s. m. on appelle ainsi un lieu choisi et formé en pente douce au bord de l'eau, pour y mener boire ou baigner les chevaux. Les abreuvoirs sont ordinairement pavés et bordés en barrière. On dit : Menez ce cheval à l'abreuvoir ou à l'eau. (V)

mot qui se trouve dans une inscription Latine découverte à Langres en 1673, et qui a fait penser à M. Mahudel que Bellorix, dont il est parlé dans cette inscription, était un homme d'autorité chez les Langrais, et même qu'il avait été un de leurs rois ; car il prétend que le mot abrex marque qu'il avait abdiqué la royauté, soit qu'elle fût annuelle et élective chez ces peuples comme parmi quelques autres des Gaules, soit qu'elle fût perpétuelle dans la personne de celui qu'on avait élu ; car si ce n'eut pas été de son propre mouvement qu'il eut renoncé à cette dignité, mais qu'il l'eut quittée après l'expiration du terme, on aurait dit exrex, et non pas abrex. Nous ne donnons ceci d'après les Mémoires de l'Académie des Belles-Lettres, que comme une conjecture ingénieuse qui n'est pas dénuée de vraisemblance. (G)
S. m. c'est ainsi qu'on appelle un endroit où l'on peut mouiller à couvert du vent. Ce port est à l'abri des vents de ouest et de nord-ouest. L'anse où nous mouillâmes est sans aucun abri. Le vent renforçant, nous fumes nous mettre à l'abri de l'ile. Mouiller à l'abri d'une terre.

v. a. c'est porter à l'ombre une plante mise dans un pot, dans une caisse, pour lui ôter le trop de soleil. On peut encore abriter une planche entière, en la couvrant d'une toile ou d'un paillasson, ce qui s'appelle proprement couvrir. Voyez COUVRIR. (K)
mot ancien, encore en usage parmi les gens de rivière ; c'est aborder et se joindre au rivage. (Z)
S. f. action par laquelle on révoque ou annulle une loi. Il n'appartient qu'à celui qui a le pouvoir d'en faire, d'en abroger. Voyez ABOLITION, REVOCATION.

ou aperi oculos, s. m. pl. écueils terribles proche l île Sainte-Barbe, à 20 lieues de la côte du Bresil.
S. m. espèce de corail ressemblant à l'aurone femelle, d'où il tire son nom. On le trouve, selon Clusius qui en a donné le nom, sur les rochers au fond de la mer.
ABROTONE femelle, s. f. plante plus connue sous le nom de santoline. Voyez Santoline. (I)

espèce de feve rouge qui croit en Egypte et aux Indes. Histoire plant. Ray.

S. f. herbe qui porte une fleur à fleurons. Cette fleur est petite, et composée de fleurons découpés, portés chacun sur un embryon de graine, et renfermés dans un calice écailleux : lorsque la fleur est passée, chaque embryon devient une semence qui n'a point d'aigrette. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE. (I)

ABSINTHE ou ALUYNE : Il y a quatre sortes d'absinthe : la romaine ou grande ; la petite appelée pontique ; l'absinthe ou l'aluyne de mer, et celle des Alpes appelée génepi.

adv. Un mot est dit absolument, lorsqu'il n'a aucun rapport grammatical avec les autres mots de la proposition dont il est un incise. Voyez ABLATIF. (F)

ABSOLUMENT, terme que les Théologiens scolastiques emploient par opposition à ce qui se fait par voie déclarative : ainsi les Catholiques soutiennent que le prêtre a le pouvoir de remettre les péchés absolument. Les Protestants au contraire prétendent qu'il ne les remet que par voie déclarative et ministérielle. Voyez ABSOLUTION.

pardon, rémission, synonymes. Le pardon est en conséquence de l'offense, et regarde principalement la personne qui l'a faite. Il dépend de celle qui est offensée, et il produit la réconciliation, quand il est sincérement accordé et sincérement demandé.

La rémission est en conséquence du crime, et a un rapport particulier à la peine dont il mérite d'être puni. Elle est accordée par le prince ou par le magistrat, et elle arrête l'exécution de la justice.

L'absolution est en conséquence de la faute ou du péché, et concerne proprement l'état du coupable. Elle est prononcée par le juge civil, ou par le ministre ecclésiastique, et elle rétablit l'accusé ou le pénitent dans les droits de l'innocence.

adj. Il y a des vaisseaux absorbans par-tout où il y a des artères exhalantes. C'est par les pores absorbans de l'épiderme que passent l'eau des bains, le mercure ; et rien n'est plus certain en Anatomie, que les artères exhalantes et les veines absorbantes. Les vaisseaux lactés absorbent le chyle, &c.

Il ne serait pas inutile de rechercher le mécanisme par lequel se fait l'absorption. Est-ce par absorption, ou par application ou adhésion des parties, que se communiquent certaines maladies, comme la gale, les dartres, etc.

engloutir, synonymes. Absorber exprime une action générale à la vérité, mais successive, qui en ne commençant que sur une partie du sujet, continue ensuite et s'étend sur le tout. Mais engloutir marque une action dont l'effet général est rapide, et saisit le tout à la fais, sans le détailler par parties.

Le premier a un rapport particulier à la consommation et à la destruction ; le second dit proprement quelque chose qui enveloppe, emporte, et fait disparaitre tout d'un coup : ainsi le feu absorbe, pour ainsi dire, mais l'eau engloutit.

S. f. dans l'Oeconomie animale, est une action dans laquelle les orifices ouverts des vaisseaux pompent les liqueurs qui se trouvent dans les cavités du corps. Ess. de la Société d'Edimbourg.

Les extrémités de la veine ombilicale pompent les liqueurs par voie d'absorption, de même que les vaisseaux lactés pompent le chyle des intestins.

S. f. cérémonie qui se pratique dans l'Eglise Romaine le Jeudi de la Semaine-sainte, pour représenter l'absolution qu'on donnait vers le même temps aux pénitens dans la primitive Eglise.

L'usage de l'Eglise de Rome, et de la plupart des Eglises d'Occident, était de donner l'absolution aux pénitens le jour du Jeudi-saint, nommé pour cette raison le Jeudi absolu. Voyez ABSOLU.

Dans l'Eglise d'Espagne et dans celle de Milan, cette absolution publique se donnait le jour du Vendredi-saint ; et dans l'Orient c'était le même jour ou le Samedi suivant, veille de Pâques. Dans les premiers temps l'évêque faisait l'absoute, et alors elle était une partie essentielle du sacrement de pénitence, parce qu'elle suivait la confession des fautes, la réparation de leurs désordres passés, et l'examen de la vie présente. " Le Jeudi-saint, dit M. l'abbé Fleury, les pénitens se présentaient à la porte de l'Eglise, l'évêque après avoir fait pour eux plusieurs prières, les faisait rentrer à la sollicitation de l'archidiacre, qui lui représentait que c'était un temps propre à la clémence.... Il leur faisait une exhortation sur la miséricorde de Dieu : et le changement qu'ils devaient faire paraitre dans leur vie, les obligeant à lever la main pour signe de cette promesse ; enfin se laissant fléchir aux prières de l'Eglise, et persuadé de leur conversion, il leur donnait l'absolution solennelle ". Mœurs des Chrétiens, tit. XXV.

du latin abstemius, adj. pris subst. terme qui s'entend à la lettre des personnes qui s'abstiennent entièrement de boire du vin, principalement par la répugnance et l'aversion qu'elles ont pour cette liqueur.

Dans ce sens, abstème est synonyme au mot latin invinius, et au mot grec ἄοινος, et même à ceux-ci ὑδρόποτης et ὑδροπαράστατης, buveur d’eau, panégyriste de l’eau, étant composé d’abs, qui marque retranchement, éloignement, privation, répugnance, et de temetum, vin.

adj. remèdes de nature savonneuse, qui peuvent dissoudre les concrétions résineuses. On a tort de les confondre, comme fait Castelli, avec les abluans : ceux-ci sont des fluides qui ne peuvent fondre et emporter que les sels que l'eau peut dissoudre. (N)
S. f. plusieurs croient que les premiers hommes avant le déluge s'abstenaient de vin et de viande, parce que l'Ecriture marque expressément que Noé après le déluge commença à planter la vigne, et que Dieu lui permit d'user de viande, au lieu qu'il n'avait donné à Adam pour nourriture que les fruits et les herbes de la terre : mais le sentiment contraire est soutenu par quantité d'habiles interpretes, qui croient que les hommes d'avant le déluge ne se refusaient ni les plaisirs de la bonne chère, ni ceux du vin ; et l'Ecriture en deux mots nous fait assez connaitre à quel excès leur corruption était montée, lorsqu'elle dit que toute chair avait corrompu sa voie. Quand Dieu n'aurait pas permis à Adam ni l'usage de la chair, ni celui du vin, ses descendants impies se seraient peu mis en peine de ces défenses. Genes. jx. 20. iij. 17. vj. 11. 12.

adject. pris subst. secte d'hérétiques qui parurent dans les Gaules et en Espagne sur la fin du troisième siècle. On croit qu'ils avaient emprunté une partie de leurs opinions des Gnostiques et des Manichéens, parce qu'ils décriaient le mariage, condamnaient l'usage des viandes, et mettaient le S. Esprit au rang des créatures. Baronius semble les confondre avec les Hiéracites : mais ce qu'il en dit d'après S. Philastre, convient mieux aux Encratites, dont le nom se rend exactement par ceux d'Abstinens ou Continens. Voyez ENCRATITES et HIERACITES. (G)
S. f. ce mot vient du latin abstrahere, arracher, tirer de, détacher.

L'abstraction est une opération de l'esprit, par laquelle, à l'occasion des impressions sensibles des objets extérieurs, ou à l'occasion de quelque affection intérieure, nous nous formons par réflexion un concept singulier, que nous détachons de tout ce qui peut nous avoir donné lieu de le former ; nous le regardons à part comme s'il y avait quelque objet réel qui répondit à ce concept indépendamment de notre manière de penser ; et parce que nous ne pouvons faire connaitre aux autres hommes nos pensées autrement que par la parole, cette nécessité et l'usage où nous sommes de donner des noms aux objets réels, nous ont portés à en donner aussi aux concepts métaphysiques dont nous parlons ; et ces noms n'ont pas peu contribué à nous faire distinguer ces concepts : par exemple :

v. act. c'est faire une abstraction ; c'est ne considérer qu'un attribut ou une propriété de quelque être, sans faire attention aux autres attributs ou qualités ; par exemple, quand on ne considère dans le corps que l'étendue, ou qu'on ne fait attention qu'à la quantité ou au nombre.

Ce verbe n'est pas usité en tous les temps, ni même en toutes les personnes du présent ; on dit seulement j'abstrais, tu abstrais, il abstrait : mais au lieu de dire nous abstraïons, etc. on dit nous faisons abstraction.

ABSTRAIT, abstraite, adjectif participe ; il se dit des personnes et des choses. Un esprit abstrait, c'est un esprit inattentif, occupé uniquement de ses propres pensées, qui ne pense à rien de ce qu'on lui dit. Un Auteur, un Géomètre, sont souvent abstraits. Une nouvelle passion rend abstrait : ainsi nos propres idées nous rendent abstraits ; au lieu que distrait se dit de celui qui à l'occasion de quelque nouvel objet extérieur, détourne son attention de la personne à qui il l'avait d'abord donnée, ou à qui il devait la donner. On se sert assez indifféremment de ces deux mots en plusieurs rencontres. Abstrait marque une plus grande inattention que distrait. Il semble qu'abstrait marque une inattention habituelle, et distrait en marque une passagère à l'occasion de quelque objet extérieur.

c'est, dit-on, une herbe d'Egypte dont la fleur est blanche et tire sur le jaune pâle, la hauteur environ de quatre doigts, et la feuille semblable à celle du triolet. Il ne parait pas à la description de cette plante, qu'elle soit fort connue des Naturalistes, et nous n'en faisons mention que pour n'omettre que le moins de choses qu'il est possible.
ou ABOCCO, ou ABOCCHI, s. m. poids dont on se sert dans le royaume de Pegu ; il équivaut à une livre et demie et quatre onces et demie, poids leger de Venise.
S. m. monnaie ; c'est le nom que les Arabes donnent au daller d'Hollande qui a cours chez eux. Le lion qu'elle porte est si mal représenté, qu'il est facile de le prendre pour un chien, et c'est ce qui l'a fait nommer par les Arabes abukesb, qui signifie chien dans leur langue. Voyez DALLER. (G)
S. m. se dit de l'usage irrégulier de quelque chose ; ou bien c'est l'introduction d'une chose contraire à l'intention que l'on avait eue en l'admettant.

Ce mot est composé des mots ab, de, et usus, usage.

Les réformes et les visites sont faites pour corriger les abus qui se glissent insensiblement dans la discipline ou dans les mœurs. Constantin le Grand, en introduisant dans l'Eglise l'abondance des biens, y jeta les fondements de cette multitude d'abus, sous lesquels ont gémi les siècles suivants.

v. a. Aux quilles, avant que de commencer le jeu, chaque joueur en prend une et la jette vers la boule placée à une distance convenue entre les joueurs ; voilà ce qu'on appelle abuter. Celui qui abute le mieux, c'est-à-dire dont la quille est la plus proche de la boule, gagne l'avantage de jouer le premier.
S. m. herbe à fleur d'une seule feuille semblable en quelque manière à une cloche fort ouverte et découpée ; il sort du fond un tuyau pyramidal chargé le plus souvent d'étamines. Le pistil tient au calice, et est fiché comme un clou dans la partie inférieure de la fleur et dans le tuyau. Ce pistil devient un fruit en forme de chapiteau ; il est composé de plusieurs petites gaines assemblées autour d'un axe. Chaque gaine ou capsule est reçue dans une strie de l'axe : ces capsules s'ouvrent en deux parties, et renferment des semences qui ont ordinairement la forme d'un rein. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE. (I)

ou ABYDOS, subst. ville maritime de Phrygie vis-à-vis de Sestos. Xercès joignit ces deux endroits éloignés l'un de l'autre de sept stades, par le pont qu'il jeta sur l'Hellespont.

S. nom de montagne et de ville dans le détroit de Gibraltar sur la côte de Mauritanie. C'était une des Colonnes d'Hercule, et Calpé sur la côte d'Espagne était l'autre. On croit que la ville d'Abyla des anciens est le Septa des modernes ; et la montagne, celle que nous appelons montagne des Singes.

S. m. arbrisseau qui porte une fleur en papillon, et un fruit couvert d'une cosse. Voyez RAY. Histoire Plant. On lit dans Dioscoride que l'acacalis est le fruit d'un arbrisseau qui croit en Egypte ; que sa graine est semblable à celle du tamarin, et que son infusion mêlée avec le collyre ordinaire éclaircit la vue. Ray ajoute que c'est à Constantinople un remède populaire pour les maladies des yeux. Malgré toutes ces autorités, je ne regarde pas le sort de l'acacalis comme bien décidé ; sa description est trop vague, et il faut attendre ce que les progrès de l'Histoire Naturelle nous apprendront là-dessus.
S. m. c'est une sorte de petit sac ou de rouleau long et étroit. Les Consuls et les Empereurs depuis Anastase l'ont à la main dans les médailles. Les uns veulent que ce soit un mouchoir plié qui servait à l'Empereur pour donner le signal de faire commencer les jeux : les autres, que ce soit des mémoires qui lui ont été présentés ; c'est l'avis de M. du Cange : plusieurs, que ce soit un petit sac de terre que les Empereurs tenaient d'une main, et la croix de l'autre, ce qui les avertissait que tout grands qu'ils étaient, ils seraient un jour réduits en poussière. Le sac ou acacia fut substitué à la nappe, mappa, que l'Empereur, le Consul, ou tout autre Magistrat avait à la main, et dont il se servait pour donner le signal dans les jeux.

adj. pris subst. Ariens ainsi nommés d'Acace de Caesarée leur chef.
ACADÉMISTE, sub. m. Ils sont l'un et l'autre membres d'une société qui porte le nom d'Académie, et qui a pour objet des matières qui demandent de l'étude et de l'application. Mais les Sciences et le bel esprit font le partage de l'Académicien, et les exercices du corps occupent l'Académiste. L'un travaille et compose des ouvrages pour l'avancement et la perfection de la littérature : l'autre acquiert des talents purement personnels.

ACADEMICIENS, s. m. pl. secte de Philosophes qui suivaient la doctrine de Socrate et de Platon, quant à l'incertitude de nos connaissances et à l'incompréhensibilité du vrai. Académicien pris en ce sens revient à peu près à ce que l'on appelle Platonicien, n'y ayant d'autre différence entr'eux que le temps où ils ont commencé. Ceux des anciens qui embrassaient le système de Platon étaient appelés Academici, Académiciens ; au lieu que ceux qui ont suivi les mêmes opinions depuis le rétablissement des Lettres, ont pris le nom de Platoniciens.

S. f. C'était dans l'antiquité un jardin ou une maison située dans le Céramique, un des fauxbourgs d'Athenes, à un mille ou environ de la ville, où Platon et ses sectateurs tenaient des assemblées pour converser sur des matières philosophiques. Cet endroit donna le nom à la secte des Académiciens. Voyez ACADEMICIEN.

Le nom d'Académie fut donné à cette maison, à cause d'un nommé Académus ou écadémus, citoyen d'Athenes, qui en était possesseur et y tenait une espèce de gymnase. Il vivait du temps de Thésée. Quelques-uns ont rapporté le nom d'Académie à Cadmus qui introduisit le premier en Grèce les Lettres et les Sciences des Phéniciens : mais cette étymologie est d'autant moins fondée, que les Lettres dans cette première origine furent trop faiblement cultivées pour qu'il y eut de nombreuses assemblées de Savants.

S. m. pensionnaire ou externe qui apprend à monter à cheval dans une Académie.

On trouve dans l'ordonnance de Louis XIV, du 3 Mai 1654, un article relatif aux Académistes.

S. m. c'est un genre de plante à fleur monopétale en forme d'entonnoir et bien découpée : il sort du calice un pistil entouré de filaments et attaché à la partie postérieure de la fleur comme un clou : ce calice devient dans la suite un fruit mou, au bout duquel il se trouve une capsule en forme de rein, qui renferme aussi une semence de la même forme. Tournefort, Inst. rei herb. append. Voyez PLANTE. (I)

* L'acajou croit dans tous les endroits du Malabar, quoiqu'il soit originaire du Bresil. On en tire une boisson qui enivre comme le vin. L'amande de sa noix se mange rôtie ; quant à l'écorce, elle est tellement acrimonieuse, qu'elle excorie les gencives quand on met la noix entre ses dents.

Nicander et Gellius font mention, l'un d'un poisson, l'autre d'un oiseau de ce nom. Le poisson de ce nom dont parle Athenée, a la chair tendre et facile à digérer. Voilà encore un de ces êtres dont il faut attendre la connaissance des progrès de l'histoire naturelle, et dont on n'a que le nom, comme si l'on n'avait pas déjà que trop de noms vides de sens dans les Sciences et les Arts, etc.
S. royaume d'Afrique sur la côte de Guinée.
S. m. pl. c'est-à-dire gâteurs, aventuriers cherchant fortune ; nom que les Turcs donnent à leurs hussards, qui ainsi que les nôtres sont des troupes legeres, plus propres aux escarmouches et aux coups de main, qu'à combattre de pied ferme dans une action. On les emploie à aller en détachement à la découverte, harceler les ennemis, attaquer les convais, et faire le dégât dans la campagne. (G)
S. Quelques Anatomistes nomment ainsi les apophyses épineuses des vertèbres du dos, qui forment ce qu'on appelle l'épine du dos : ce nom est Grec, et signifie épine. Voyez VERTEBRE et EPINE. (L)
S. m. instrument de Chirurgie dont on trouve la description dans Paul Eginete, et la figure dans Scultet. Il ressemble à des pincettes dont les extrémités sont taillées en dents qui s'emboitent les unes dans les autres, et qui saisissent les corps avec force. On s'en servait pour enlever les esquilles des os cariés, les épines, les tentes, en un mot tous les corps étrangers qui se trouvaient profondément engagés dans les plaies, et pour arracher les poils incommodes des paupières, des narines, et des sourcils.
adj. f. On dit d'une plante qu'elle est acanthacée, lorsqu'elle tient de la nature du chardon, et qu'elle est armée de pointes.