Mécanique

S. m. (Arts mécaniques) se dit en général de toute manœuvre par laquelle on fait passer une portion de matière, solide surtout, quelle qu'elle soit d'ailleurs, d'un état à un autre, où elle est plus dégagée de parties hétérogènes, et plus propre aux usages qu'on s'en promet. Le sucre s'affine ; le fer s'affine ; le cuivre s'affine, etc. Je dis une portion de matière solide, parce que l'affinage ne se dit pas des fluides : on les clarifie, on les purifie, etc. mais on ne les affine pas.

S. m. (Mécanique) automate ayant figure humaine et qui, par le moyen de certains ressorts, etc. bien disposés, agit et fait d'autres fonctions extérieurement semblables à celles de l'homme. Voyez AUTOMATE. Ce mot est composé du Grec ἀνὴρ, génitif ἀνδρός, homme, et de εἶδος, forme.

Albert le Grand avait, dit-on, fait un androïde. Nous en avons vu un à Paris en 1738, dans le Fluteur automate de M. Vaucanson, aujourd'hui de l'académie royale des Sciences.

sub. m. (Mécanique) engin qui se meut de lui-même, ou machine qui porte en elle le principe de son mouvement.

Ce mot est grec , et composé de , ipse, et , je suis excité ou prêt, ou bien de , facilement, d'où vient , spontanée, volontaire. Tel était le pigeon volant d'Architas, dont Aulugelle fait mention au liv. X. ch. xij. des nuits attiques, supposé que ce pigeon volant ne soit point une fable.

Quelques auteurs mettent au rang des automates les instruments de mécanique, mis en mouvement par des ressorts, des poids internes, etc. comme les horloges, les montres, etc. Voyez Joan. Bapt. Port. mag. nat. chap. xjx. Scaliger. subtil. 326. Voyez aussi RESSORT, PENDULE, HORLOGE, MONTRE, etc.

S. m. (Mécanique) Un axe ou essieu est proprement une ligne ou un long morceau de fer ou de bois qui passe par le centre d'un corps, et qui sert à le faire tourner sur lui-même. Voyez ESSIEU.

C'est en ce sens que nous disons l'axe d'une sphère ou d'un globe, l'axe ou l'essieu d'une roue. Voyez GLOBE, ROUE, etc.

S. m. (Arts mécaniques) on donne ordinairement le nom de bacquet à un vaisseau de bois rond, oval, ou carré, d'un pied et demi ou même davantage de diamètre, plus ou moins profond, fait de plusieurs pièces ou douves serrées par des cerceaux de fer ou de bois, et destiné à contenir de l'eau ou des matières fluides. Le bacquet est à l'usage des Verriers, ils y rafraichissent leurs cannes ; des Cordonniers, ils y font tremper leurs cuirs ; des Brasseurs, ils y mettent de la bière ou y reçoivent la levure au sortir des tonneaux ; des Marchands de vin, ils y retiennent le vin qui s'échappe de la canelle des pièces en perce ; des Marchands de poisson, ils y conservent leur marchandise ; des Maçons, ils y transportent le mortier au pied de l'engin, pour être élevé de-là au haut des échaffaux ; des Carriers, ils s'en servent pour tirer le moellon et les autres pierres qu'ils ne peuvent brider avec le câble ; et d'un grand nombre d'autres ouvriers : nous allons faire mention de quelques-uns.